A mon cher et tendre, à mes fistons

Publié le par ALF

Depuis quelque temps, j'étais, disons, surmenée. Trop de boulot, pensai-je. Je n'ai peut-être toujours été agréable, souvent tendue, stressée (mais l'ai-je jamais été?) mais je m'en veux. Aujourd'hui, si je fais ce blog, c'est en partie pour mettre des mots sur mes maux. Mon boulot c'est en partie un boulot d'écriture, donc je passerai par ce mode de communication pour écrire ce que je ressens, avec ou sans rapport avec la maladie.
Mais je voulais avant tout vous dire que je vous aime, sans doute bien plus que je n'ai pu vous le montrer ! Et pourtant Dieu sait que j'en ai de l'amour à vous donner. Seulement, ces derniers temps, je crois que je n'ai plus eu les ressources nécessaires pour vous le dire, vous le montrer...
Les enfants, maman est fatiguée, je suis souvent impatiente, je ne supporte pas quand vous vous chamaillez, quand vous vous mettez à vous courir l'un après l'autre parce que l'un a piqué à Playmobil à l'autre... mais quand je reçois vos baisers, je revis, quand je vois votre immense regard, je me sens regonflée à bloc et quand j'entend vos mots doux ou vos traits d'humour, je fonds litteralement. Je ne suis qu'une maman normale, en somme, je pense. Et je vous aime, je vous aime sans que je ne sois obligée de vous le dire, vous le savez. Même quand je me mets en colère, je vous aime, jamais je ne cesserai de vous aimer. Vous êtes là, en ce moment à mes côtés en train de jouer calmement, à faire des constructions, vous vous amusez et je suis ravie de vous voir ainsi heureux !

Greg, ces mots sont aussi pour toi. On se connait depuis longtemps finalement : on va fêter cette année nos 7 ans de mariage, mais ça faisait déjà 7 ans qu'on avait eu le coup de foudre, donc 14 ans d'amour. Beaucoup de ces 14 années n'appartiennent qu'à nous et je sais que tu es l'homme de ma vie, celui pour lequel j'ai éprouvé un véritable coup de foudre, tu t'en souviens, ce fameux 13 avril 1995. On en a parcouru du chemin, avec des hauts et des bas dans notre entourage et aussi entre nous, parfois. Mais au final, si parfois on a des coups de gueule (souvent de mon fait, je dirai même presque toujours), on reste soudé, on parle beaucoup, on s'explique énormément et on arrive toujours à relancer la machine dans le bon sens. Car l'Amour, c'est aussi écouter ce que l'Autre a à dire, et je pense que si nos bases sont solides (et le resteront, je l'espère, aussi longtemps que la vie nous le permet), c'est grâce à ce dialogue permanent que nous pouvons avoir.
Tu as vu que dernièrement, j'étais à cran, et pour cause. J'ai néanmoins décidé de prendre le taureau par les cornes, pour toi, pour les enfants, pour que vous n'ayez plus à supporter ma mauvaise humeur (le mot est peut-être même trop faible par moment), ma détresse, mon humeur noire. Il faut juste me laisser le temps. Je maîtrise la théorie, à savoir que je me dois de me sentir bien, que je dois positiver, qu'il existe dans cette maladie des traitements, que je serai, je pense bien suivie, bien entourée, mais il faut juste me laisser le temps de la pratique, et ça, ça risque d'être un peu plus long.

En tout cas, je tenais à écrire tout ça, pour que vous sachiez, toi et les enfants, tout (et bien plus) ce qui me passe en ce moment par la tête... et là, encore c'est un résumé... je sais que j'écris beaucoup, peut-être trop, mais c'est un mode d'expression...

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sylvie 13/09/2010 09:50


coucou anne-lise !!!

à peine l'adresse reçue que je suis déjà à te lire , intensément !!!
je commence par un commentaire laissé ici , car , mes larmes ont coulé , elles se retenaient déjà depuis le début .
cet article est magnifique ; on ne savoure jamais autant la chance que l'on peut avoir d'être en toute santé .
et dans tes mots , d'être de mauvaise humeur , d'être fatiguée , oui tu es une maman normale ; d'autant que tu as tout ce fardeau en plus à gérer ...

et je te rassure , et c'est la que lorsque l'on te lit , çà nous donne une énorme leçon de vie ; l'on est toutes un peu pareilles !!! sans la maladie ...

bon là je te laisse ce com , sans avoir parcouru la suite , donc je m'avance peut être un peu , en espérant que tu n'aies pas de cochonneries .(la neurologie , je connais via mon boulot )

je t'embrasse !!!


feebleue 04/06/2009 13:42

c'est tres beau ce que tu ecris, d'une telle limpidité, je t'envie, franchement! belle declaration ;-)

ALF 04/06/2009 13:44


merci, tes commentaires me font évidemment plaisir


Grég 27/02/2009 21:34

Tu adores les mots et ils t'accompagnent depuis toujours... au point que jalousement je l'avoue je les vois te contenter chaque soir de leur bienfait avant de dormir, moment où tu dévores systématiquement quelques lignes d'un bouquin, moment où le corps se détend en se réchauffant sous la couette, moment où l'âme se mets en veille avant une nuit calme. Les mots te renvoient aujourd'hui cette affection et sont l'outil d'une thérapie nécessaire. je ne peux que t'encourager à continuer ce blog, à noircir tous ces pixels des émotions, joyeuses ou non, qui bien souvent sont plus grandes que l'âme et s'entrechoquent dans ton coeur. Je n'ai pas à mon tour besoin d'écrire ces lignes pour te dire que je t'aime car c'est au quotidien que tu peux en juger... mais au nom des hommes de cette maison, de ces trois coeur qui battent pour leur maman ou leur épouse, je voulais laisser ce soir cette trace virtuellement éternelle de mon amour ... et te dire qu'en réel cette fois, je serai toujours là pour te protéger... même si l'ennemie est invisible.

sophie 26/02/2009 21:43

C'est beau ... C'est super beau (je ne sais pas si je trouve les mots adéquats)

Virginie 23/02/2009 14:32

coucou c'est chami, belle déclaration à tes hommes! ils en ont de la chance de t"avoir!