Un début de journée-type...

Publié le par ALF

Avant-propos : Les faits rapportés ci-dessous ne sont pas que pure fiction. Dans la vraie vie, ça existe. Toute ressemblance avec des personnes vivants ou ayant existé ne seraient pas purement fortuite.

 

5h du mat', j'ai pas de frissons (les connaisseurs des chansons des années 80, les vieux et vieilles comme moi (sic!) apprécieront), mais petit deuz' a fait un cauchemar, il a rêvé que des singes envahissaient la maison : de son point de vue, ça peut effectivement être effrayant. Du mien, ça me fait rigoler et je n'ai qu'une hâte, qu'il retrouve rapidement le sommeil, avant que moi je ne sois définitivement réveillée.

 

6h du mat', le réveil de mari-chéri braille avec quelques grésillements une chanson des années 80 (du siècle dernier donc). Je venais à peine de me rendormir. Tant pis. Mari-chéri ira se doucher en premier et je profiterai de mon lit douillet encore quelques minutes.

 

6h24 exactement : petit mari-chéri n'est pas encore sorti du lit, il a le mal de couette, dur dur de s'extirper du lit. Je le pousse gentiment du coude, il répond par un grognement. Je me décide alors à employer les grands moyens : je glisse avec peu de délicatesse mes jambes sur les siennes. Vu comme ça, ça pourrait laisser penser bien des choses sensuelles, mais quand on considère le fait que ma dernière épilation ne date pas d'hier et que j'ai les jambes proches de la cuirasse du porc-épic, ça fait tout de suite moins glamour. Mari-chéri se décide à pousser ses fesses en dehors de la couette. J'ai tout le lit pour moi et une vingtaine de minutes pour savourer ça.

 

6h46 : mari-chéri revient dans la chambre, tout propre, tout nu et pressé de partir au boulot : "ne traîne pas, va vite prendre ta douche, que je ne parte pas trop tard". Qu'à cela ne tienne, je m'extirpe avec bien du mal de mon lit, la trace de l'oreiller sur le visage, les yeux encore mis clos et je me prends le coin du lit sur le bout du pied. Yes, j'étouffe un cri, il s'agit de ne pas réveiller petit troiz', un bébé tout neuf que la cigogne nous a livrée il y a environ deux mois.

 

6h50 : l'extase de la douche. Mais n'oublions pas que mari-chéri nous a demandé de faire vite. Je ne traîne donc pas, il s'agit à la fois de se réveiller, de se laver, de sentir bon, d'avoir l'air à peu près potable à la sortie. Point de fioritures donc et on repassera pour le ravalement de façade - indispensable après une nuit toujours trop courte.

 

7h : mari-chéri m'a dit de me dépécher et voilà qu'il traîne à prendre sa pause petit déj en sirotant un kawa bien tassé : mince, si j'avais su, j'aurai grapillé des minutes de plus au lit ou quelques gouttes de douche supplémentaires.

 

7h10 : mari-chéri est parti, je prépare mon petit déj : on va faire efficace. Thé, jus d'orange et deux muffins légèrement beurrés avec de la marmelade de citron. Pourvu qu'aucun des mioches ne se réveille, j'ai envie de prendre mon petit déj' tranquillou.

 

7h18 : mari-chéri réapparaît brièvement. Il a oublié ses clés de voiture et comme cette dernière était garée assez loin de la maison, il a perdu temps. Il repart et déjà j'entends dans l'audio-baby les petits piaillements - miaulements (au choix) du bébé qui termine sa nuit, gentiment. Faisons vite, gageons que d'ici quelques minutes, le bébé en question passera à l'offensive et poussera un cri qui déchirera l'atmosphère sereine du petit matin.

 

7h20 : j'attaque enfin mon petit déj', rapidement, trop incertaine de pouvoir le prendre tranquillement. J'avale tout ça sur le pouce en regardant les infos sur le Net et je débarasse vite vite mon mug, et les petites miettes que j'ai laissées près du bureau. J'installe les bols pour le petit déj' des deux "grands", leur paquet de céréales, le lait, les cuillères et je continue ma lecture.

 

7h45 : le cri d'un bébé me rappelle que je ne suis pas seule dans la maisonnée. Enfin, un cri timide. Je monte voir le bébé en question qui ne sent pas la rose. Curieusement, autant les deux premiers (deux garçons) s'en fichaient comme de leur première couche d'avoir les fesses dans le caca, autant celle-ci (c'est une fille) ne supporte pas. C'est bien une gonzesse.

 

7h50 : j'avais préparé tout pour le premier bib de la journée. Je mets donc à chauffer l'eau pendant que je mets les fesses de la miss au propre, pour qu'elle prenne son biberon dans des conditions optimales de chez optimales.

 

7h54 : voici enfin l'heure du bib pour le petit monstroplante qui n'a pas l'air si inspirée que ça par le liquide blanc qui s'écoule de la tétine : moi qui pensait qu'elle se ruerait dessus, c'est raté.

 

 

7h56 : j'entends des bruits de pas à l'étage. Pas de loir, pas de fantôme. Il s'agit des deux gnomes, les deux plus âgés dela couvée, respectivement 6 ans et demi et 4 ans au compteur. Le premier se lève et va direct au pipi-room et le second s'installe au niveau de leur petit bureau pour y dessiner. J'entends encore des pas : je le sais, ils sont dans MA chambre, enfin, NOTRE chambre, à moi et mari-chéri. La dernière fois qu'ils y sont allés, ils ont ouvert mon dressing, farfouillé dans mes dessous chics, regardé mes ceintures et laissé le tout en plan avant de visiter mes boîtes à bijoux (j'en ai un certain nombre) pour les ausculter sous toutes les coutures. Petit deuz' aime particulièrement essayer les bracelets et colliers de maman : et je suis sûre que s'il avait les oreilles percées, mes dormeuses, créoles et clous d'oreilles y passeraient également. Non, je n'y vois aucun signe ambigu ni une future carrière de drag-queen, juste le goût des belles choses :-)

La dernière fois aussi, ils ont fureté dans la salle de bain, là où je "stocke" certains produits de maquillage que je ne mets que tous les 36 du mois, le rouge à lèvres par exemple. Ils en ont trouvé un chouette tout neuf, un Clarins, que je n'avais jamais utilisé (que j'ai eu gratos lors d'un RDV beauté offert par la marque) et ils avaient commencé à dessiner sur le meuble (blanc, forcément, sinon, ça n'est pas drôle) de la salle de bain. Ils ont heureusement évité les murs avant d'être pris la main dans le sac ou plutôt le rouge à lèvres en main, par leur papa, en lui disant "mais non, on n'a rien fait"... Si t'y crois à celle-là.

 

Bref...

 

8h10 : mes deux couillus descendent l'escalier avec l'élégance d'un pachyderme ankylosé par une sieste trop longue au soleil. A savoir que moi, avec mes XX kilos de plus qu'eux (je tairais le chiffre exact, ça compte pas, j'ai accouché y'a deux mois), quand je monte ou descend l'escalier-qui-grince-et-qui-va-aux-chambres, bah moi, moi, j'arrive à le faire discrètement, presque comme une gazelle. Presque, bah oui, parce que j'ai quand même les cuissots d'un gnou.

 

8h15 : ils s'habillent avec les fringues que moi, maman-organisée-qui-prépare-tout-à-l'avance, j'ai pris soin de choisir la veille. Y'en a un qui ne veut pas de ce gilet-là-qui-est-trop-court (c'est même pas vrai, d'abord) et l'autre qui refuse aujourd'hui de mettre ce jean, mais qui préfère un pantalon beige. Qu'à cela ne tienne, je suis de bonne humeur, ma patience n'a pas encore été mise à rude épreuve, je concède un échange de fringues. Et vlan, on passe au petit déj.

 

8h35 : oui, il s'est écoulé un certain nombre de minutes pour que les deux soient entièrement revêtus de leur tenue pour la journée. Ils prennent leur petit déj pendant que la petite marsouine (comprenez la petite troiz' née en mars) tressaute dans son transat et raloute. Bah oui, ma belle, t'avais qu'à finir ton bib de ce matin et tu n'aurais pas faim.

 

8h40 : ma bonté me perdra. Je refais un bib de complément à la marsouine qui décidemment n'est pas contente et elle l'avale sans broncher en l'assortissant d'un rot retentissant marquant la satisfaction du bébé repu.

 

8h57 : les enfants ont quitté la table du petit déj, des céréales jonchent le sol, des auréoles de lait décorent la table et le bol du grand n'est pas fini.

 

9h : ma petite marsouine montre des signes évidents de fatigue, évidents pour moi, maman qui sait normalement comment fonctionnent les petits bébés, mais moins évidents pour elle qui résiste du fond de son lit. Mais pourquoi donc s'obstine-t-elle à s'époumonner alors qu'il serait si simple pour elle de fermer les yeux et de dormir (à la manière de ces poupons qu'on allonge et qui ferment les yeux, vous savez). Après quelques rales, chouinements et pleurs peu soutenus, la résistante capitule et s'abandonne dans les bras de Morphée. Pour combien de temps?  Je me demande parfois si j'ai bien eu le bon mode d'emploi avec ce bébé? Quelques années se sont en effet écoulées depuis la dernière couvée (4 ans) et les modèles semblent avoir changés. Va falloir que je pense à faire un procès pour non-respect de la commande initiale. Mais à qui? Au géniteur? Il n'est pas 100% en tort (et ça serait reconnaître que moi aussi j'ai donné 50% de mon côté chiant). A la maternité-qui-m'a-livré-un-bébé-qui-ne-fonctionne-pas-comme-je-le-veux? Suite au prochain numéro. 

 

Publié dans Vécu et quotidien

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Véro 11/09/2010 22:42


J'ai adoré cette lecture ! tu devrais t'y mettre toi aussi à faire des livres pour filles. Je suis sure que tu y as dejà pensé. Un petit coté Nicole de Buron dans le style ...


Melausoleil 20/05/2010 18:23


J'hésitais mais je crois que je m'arrêterai à 2 monstres à la maison ! Enfin on verra si numéro 1 ne me fait pas changer d'avis et m'arrêter encore avant !

Bon courage avec tout ce petit monde !


pimpanicaille 20/05/2010 11:38


très agréable à lire.... et tellement vrai !


ALF 20/05/2010 11:42



merci ;-)