Les traitements de la SEP, ils consistent en quoi?

On ne guérit pour l'instant pas encore de la SEP. Je précise "encore" car il y a une quinzaine d'années, il n'existait pas encore de traitement de fond pour cette maladie et plus le temps avance, plus des médicaments sont disponibles sur le marché. Les labos ne sont pas fous non plus : 80 000 malades c'est "rentable", tant mieux pour nous, finalement.
A ce jour, pas de traitement préventif, ni de vaccin, ça serait trop beau !

Il existe trois "sortes" de médicaments pour la SEP en fonction de ce que l'on veut "soigner" ou "traiter".

1 - Les traitements corticoïdes, que l'on prescrit en cas de poussée (c'est à dire lorsque le patient déclenche ses "crises") : ils ont pour but de réduire l'intensité de la poussée et la durée de l'attaque neurologique. Ils ne peuvent être donné qu'en cas de poussée.... Là aussi à l'appréciation de l'équipe soignante si l'intensité de la poussée le nécessite. On parle alors de bolus : un bolus est une perfusion de cortisone. En général, pour une poussée, c'est trois bolus, mais pour certains malades, ça sera plus, en focntion de l'intensité des signes. La cortisone est posée en perfusion, trois heures généralement : pendant ce temps, régime sans sel pour le malade (pour ne pas gonfler) et sans sucre (éviter le risque de diabète) et il y a un tas d'effets secondaires (la cortisone, ça "énerve" pour faire simple). Après, il vaut mieux respecter le régime sans sel et sans sucre quelques jours de plus, combien de temps exactement, les médecins ne donnent pas tous le même son de cloche. Peros, je suis restée 10 jours au régime après les bolus et après, j'ai mangé très peu sucré et salé. (Le secret, c'est de mettre des herbes pour assaisonner !)

2 - Les traitements symptomatiques : ils ont pour but de réduire la gêne quotidienne des symptômes neurologiques. Certains agissent sur la gêne musculaire, d'autres sur la gêne urinaire ou sexuelle (vive le Viagra pour ces messieurs), sur la fatigue ou la dépression (vive les petits cachous qui font voir de petits éléphants roses qui volent dans le ciel). A côté de ça, des taitements améliorent la qualité de vie du patient : kiné, orthophonie, psychothérapie, etc...

3 - Les traitements de fond : c'est sans doute là que se situent les plus grands progrès ! Ce sont des médicaments prescrits au long cours et ont pour but de diminuer la fréquence des poussées et donc de réduire la progression du handicap. Ce sont des immuno-modulateurs : ils limitent l'intensité de la réponse inflammatoire provoquée par notre propre système immunitaire ou des immuno-suppresseurs, c'est plus lourd, car là, ils agissent directement sur les cellules du système immunitaire avec les conséquences qu'on peut imaginer. Les derniers traitements prometteurs sont les anticorps monoclonaux : ces derniers ont pour effet de bloquer le passage des cellules du système immunitaire vers le système nerveux (en passant la fameuse barrière hémato-encéphalique).

Les immuno-modulateurs :
                         * interférons
β (Avonex®, Bétaferon®, Rebiff ®) : ils sont synthétisés artificiellement, mais ce sont les mêmes que ceux produits par les cellules immunitaires pour limiter la réponse inflammatoire. Ils sont généralement administrés par voie injectable en intra musculaire ou sous cutanée, avec des fréquences d'injection variable, etc. mais on imagine bien la contrainte que ça représente, sans compter les effets secondaires. Ils permettent une réduction de la fréquence des poussées de 30% : c'est mieux que rien !
                         * l'acétate de glatiramer (Copaxone ®) : c'est une association d'acides aminés (les briques qui forment les protéines) et qui leurre le système immunitaire en déviant l'attaque de la myéline du système nerveux. C'est une injection en sous-cutanée quotidienne. Ce médicament réduit de 30% également la fréquence des poussées.

Les immuno-supresseurs :
Traitements plus lourds, on imagine. Ils suppriment ou modifient carrément le fonctionnement des défenses immunitaires. Réservés donc aux formes graves de SEP.
En France seule la Mitoxantrone
® a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) : il est délivré via une perfusion intra-veineuse mensuelle et réduit d'environ 70% l'activité clinique de la maladie.
Sont également délivrés certains médicaments non spécifiques de la SEP mais immuno-supresseurs reconnus : Endoxan®, Imurel®, Méthotréxate, etc...)

Les anticorps monoclonaux :
Depuis 2007, un nouveau mode thérapeutique de la SEP a vu le jour : l'anticorps monoclonal. Celui-ci agit en bloquant le passage des cellules immunitaires du sang vers le sytème nerveux. Il est indiqué généralement dans les cas de SEP où d'autres traitements ont échoué, rarement en première intention sauf quand la SEP est d'emblée agressive. Le Tysabri® est le seul à ce jour, mais il est sujet à controverse.


Tous ces traitements s'entendent pour des SEP rémittentes évoluant par poussée. Il me semble que les choses sont différentes pour les SEP évolutive (à vérifier).


L'avenir?
Plein de molécules pour soigner les patients et surtout des médicaments par voir orale, quand même bien plus sympathique que des piqûres !
La
cladribine (voir orale) en fait partie et devrait arriver dans le courant de l'année 2009 ! J'aurai l'occasion d'y revenir au cours d'articles.  
D'autres molécules comme le Teriflunomide, le FTY720, le Laquinimod, le BG 12 et le Figategrast sont également en cours d'essais pour des traitements par voie orale. D'autres recherches sont menées sur l'alemtuzumab (un anticorps monoclonal prévu pour 2011-2012), le rituximab, l'abatacep (si on lit sont petit nom, on se dit qu'il le porte bien bien celui-là!) et l'anti-lingo1 (ces derniers sont des formes injectables, mais à une fréquence bien moindre que les immuno-modulateurs prescrits en grande majorité aujourd'hui!)

Plus d'infos détaillées
ici.